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LE BAL ROYAL

  Le chateau d'Eclème était une putain de forteresse.

  on avait des murs de pierre blanche qui montaient vers le ciel comme des falaises, des gardes partout, en armure polie avec un regard froid.

  Notre carrosse s'arrête devant l'entrée principale et un domestique vint nous ouvrir la porte.

  ? Baron Rothfeld, ? annonce-t-il d'une voix cérémonieuse.

  Je descendis avec Lise, laissant Gregor avec le carrosse et les bouteilles.

  ? On récupérera les caisses après l'entrée officielle ?, murmurai-je à Gregor.

  ? Compris, monseigneur. ?

  Lise ajusta ma veste. ? Respire, souris et sois toi-même. ?

  ? Facile à dire. ?

  ? Tu vas gérer. ?

  Au fond de moi, j'espérais qu'elle aurait raison.

  L'intérieur du chateau était encore plus impressionnant. un sol en marbre blanc veiné d'or, des Tapisseries partout représentant des batailles, des rois et des dragons peut-être même de la magie pure tissée dedans vu comment elles scintillaient.

  Et les gens....Que des nobles partout dans des robes en soie, des costumes brodés d'or et des bijoux qui valaient probablement plus que mon domaine entier. Au milieu de tout cela il y avait des conversations, des rires et de la musique.

  Je me sentais comme un imposteur.

  ? Alaric ?, murmura Lise à c?té de moi. ? Arrêté de fixer le sol et lève la tête. ?

  ? je ne peux pas m'y résoudre. ?

  ? Fais-le quand même. ?

  J'ai levé la tête, redressé les épaules d'adopter une posture de noble plein de confiance même si c'était du bluff total.

  Un majordome s'approche. ? Baron Rothfeld ?, dit-il avec une révérence à l'appui ? Bienvenue au bal de la mi-automne de sa Majesté le roi Aldric III. Votre table est située dans l'aile est. la table numéro quarante-sept. ?

  La table quarante-sept, c'est loin du roi, donc c'est pas surprenant.

  ? Merci, ? ai-je dit.

  ? Et pour madame… ? ? Il regarda Lise.

  ? Madame Kramer ?, dit Lise. ? Invitée du baron. ?

  Le majordome haussa un sourcil à peine, juste assez pour montrer qu'il savait qu'elle n'était pas noble mais il ne dit rien.

  ? Très bien vous siégerez à la table quarante-sept également. ?

  Il s'inclina et partit.

  ? Sympa, ? marmonna Lise.

  ? Bienvenue dans le monde des nobles. ?

  ? Je l'aime de moins en moins. ?

  ? Moi aussi. ?

  Sur trouvaille notre table. Effectivement, elle était loin dans un coin, presque cachée derrière une colonne.

  Parfait.

  ? Au moins, personne ne nous voit ?, dit Lise en s'asseyant.

  ? Ouais. C'est un avantage. ?

  J'ai regardé autour des autres tables qui étaient mieux placées. Il y avait des comtes, des ducs, des marquis. Tous en train de parler, rire et boire du vin dans des coupes en or.

  Et là, au fond, sur une estrade, il y avait le roi Aldric III.

  Je ne l'avais jamais vu en personne.

  Il était dans la cinququantaine. Il avait des cheveux gris, une barbe bien taillée, une couronne en or massif avec des pierres précieuses qui brillaient même de loin, des vêtements somptueux et un regard per?ant. il parlait avec un homme à c?té de lui, un conseiller probablement, vieux, chauve, à l'air rusé.

  ? C'est lui le roi ?, murmura Lise.

  ? Oui. ?

  ? Il a l'air… impressionnant. ?

  ? ?a tu peux le dire. ?

  ? Tu vas lui parler ? ?

  ? J'espère pas. ?

  Elle rit. ? Poule mouillée. ?

  ? je sais être réaliste très cher . ?

  Le d?ner commence.

  Il y avait sept plats.

  une soupe à l'oignon , de la salade de légumes rares importés de l'est apparemment. Du poisson grillé avec de la sauce au citron, une viande r?tie de b?uf je crois, tendre et fondante. Des fromages variés et un dessert , une tarte aux pommes avec de la crème fouettée. Tout était délicieux évidemment, mais étant un peu trop nerveux je mangeais à peine.

  ? Tu touches pas à ton assiette ?, dit Lise.

  ? Je n'ai pas faim. ?

  ? ne me mens pas, es ce que tu es stressé ? ?

  ? Ouais. ?

  ? Pourquoi ? Le pire qui puisse arriver, c'est que personne n'achète ton alcool. Et alors ? On rentre et on continue comme avant. ?

  ? Ce n'est pas seulement ?a qui me stresse . ?

  ? C'est quoi, alors ? ?

  ? Les nobles, leurs rires et leur arrogance, je ne suis pas à ma place ici. ?

  ? Et alors ? ?

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  ? Et alors….Je déteste faire semblant. ?

  Elle pose sa main sur la mienne. ? T'es pas en train de faire semblant. En ce moment, t'es juste....toi. Un noble qui plus est un baron qui vend de l'alcool. Il n'y a rien de faux là-dedans. ?

  ? Ouais peut-être. ?

  ? Certainement. ?

  Je souris. ? Merci. ?

  ? De rien. ?

  Après le d?ner, la fête battait son plein avec de la musique plus forte. Les nobles se levaient, dansaient, discutaient. Certains allaient vers les stands installés sur les c?tés de la salle des marchands qui vendaient des trucs de luxe comme les bijoux , parfums etc.

  Et nous, on avait un stand dans un coin.

  Gregor avait apporté les caisses. Les cinquante bouteilles étaient alignées sur une table recouverte d'un drap de velours noir que Lise avait apporté. Les bouteilles brillaient sous la lumière des lustres. Verre bleu foncé, avec le sceau doré et les étiquettes calligraphiées.

  Eau-de-vie Rothfeld – édition Royale – Distillée avec excellence.

  Magnifique.

  ? Prêt ? ? demande Lise.

  ? Mieux que jamais. ?

  ? Alors souris et vends. ?

  Les premières trente minutes furent...décevantes.

  Les nobles passaient devant notre stand, certains s'arrêtaient, prenaient une bouteille, lisaient l'étiquette puis la reposaient.

  Soit c'était trop cher ou alors ils ne connaissaient pas la marque ou alors ils s'en foutaient juste.

  ?Cinq couronnes, c'est beaucoup je crois.? murmura Lise.

  ? Je sais Mais pour eu c'est un bon prix. ?

  ? Peut-être qu'on devrait le baisser…. ?

  ? Hors de question. Si on baisse le prix maintenant, on perd toute crédibilité. ?

  Elle soupira. ? D'accord mais si personne n'achète… ?

  ? Quelqu'un va acheter. ?

  J'espérais avoir raison.

  Et puis, un homme s'approche. La quarantaine, en costume élégant et le visage rond avec une petite moustache. il prend une bouteille et la fait tourner à la lumière.

  ? Eau-de-vie Rothfeld ?, lut il. ? édition royale....Intéressant. ?

  ? Vous voulez go?ter ? ? ai-je proposé.

  Il me regarde. ? Vous êtes le baron Rothfeld ? ?

  ? Oui. ?

  ? Vous distillez cela vous-même ? ?

  ? Oui. ?

  Il haussa une source. ? Un noble qui travaille de ses mains, c'est rare. ?

  ? Les temps changent très cher. ?

  Il sourit. ? Efficacité. Très bien, je me permets de go?ter. ?

  Je lui ai servit un petit verre et il mais une gorgée.

  Ses yeux s'écarquillèrent.

  ? Putain ?, dit-il à voix basse. ? C'est fort. ?

  ? il contient 50% d'alcool pour une distillation double. ?

  ? Et c'est...vraiment bon. ? il repose le verre. ? Combien ? ?

  ? Cinq couronnes. ?

  Il n'hésita pas, ? J'en prends trois. ?

  Mon c?ur fit un bond.

  ?Parfait. Merci, monsieur….? ?

  ? Marquis de Belleville, je suis le Marquis de Belleville. ? Il paya quinze couronnes en or. ? Passez une excellente soirée, baron. ?

  Il partit avec ses trois bouteilles.

  Lise me regarda souriante. ? Enfin quelqu'un a acheté ton alcool . ?

  ? Ouais. ?

  ? Et maintenant, les autres vont suivre. ?

  Elle avait raison, parce que la venue du marquis, a eu un effet domino et d'autres nobles vinrent par la suite.

  Un comte pris deux bouteilles, une comtesse en pris une pour son mari apparemment, un duc acheté quatre bouteilles qu'il compte offrir à des amis.

  En une heure, j'avais vendu vingt bouteilles.

  Cent couronnes. c'est déjà pas mal mais ce n'était pas assez pour écouler tout le stock.

  Et puis, un murmure parcourut la salle.

  Les gens s'inclinèrent.

  Le roi, Aldric III.

  Il marchait à travers la foule avec deux gardes qui le suivaient à distance, mais il donnait l'impression d'être seul. Les nobles s'écartaient sur son passage à travers des révérences et des courbettes, et il avait l'air de venir vers notre stand.

  Putain. Putain. Putain.

  ? Reste calme ?, murmura Lise.

  ? Facile à dire. ?

  Le roi arriva devant notre table et me regarda avec un regard per?ant.

  ? Baron Rothfeld ?, dit-il d'une voix grave et autoritaire.

  Je me suis incliné profondément. ? Votre Majesté. ?

  ? On j'ai cru entendre que vous vendiez de l'alcool distillé par vos soins. ?

  ? C'est exact, Votre Majesté. ?

  ? Intéressant. ? Il prend une bouteille et l'examina. ? Belle présentation. ?

  ? Merci, Votre Majesté. ?

  ? Je peux go?ter ? ?

  ? évidemment. ?

  Je lui sert un verre, la main tremblante en espérant qu'il ne le remarque pas.

  Il mais, une gorgée.

  Silence.

  Toute la salle nous regardait et personne ne parlait. Même la musique s'était arrêtée.

  Le roi reposa le verre et me regarda.

  ? C'est excellent. ?

  Mon c?ur explose de soulagement.

  ? Merci, Votre Majesté. ?

  ? à combien les vendez-vous ? ?

  ? Cinq couronnes, Votre Majesté. ?

  ? J'en prends dix. ?

  Cinquantes couronnes. Le roi venait de dépenser cinquante couronnes.

  ? Bien s?r, Votre Majesté, tout de suite. ?

  J'ai préparé les dix bouteilles et les ai emballées dans du tissu. un garde les pris.

  Le roi paya cinquante couronnes en or.

  ? Continuez comme ?a, baron ?, dit-il. ? Valthara a besoin de nobles comme vous qui travaillez et qui savez innover. ?

  ? Merci, Votre Majesté. C'est un honneur. ?

  Il s'incline légèrement juste assez pour montrer du respect puis il partit.

  Après le départ du roi, ce fut la folie.

  Les nobles se ruèrent sur notre stand, tout le monde voulait de l'alcool que le roi avait acheté.

  ? J'en veux cinq ! ?

  ? Deux pour moi ! ?

  ? Est-ce qu'il en reste ?! ?

  En trente minutes, les vingt bouteilles restantes furent toutes vendues.

  Cinquante bouteilles, pour un total de deux cent cinquante couronnes.

  Moins les co?ts environ vingt couronnes pour les bouteilles spéciales et cinquante couronnes pour la bière de base, ?a me laissait cent quatre-vingts couronnes de profit net.

  Cent quatre-vingts putains de couronnes en une soirée.

  Lise-moi regardé. Souriante. ? Tu l'as fait. ?

  ? On l'a fait. ?

  ? Non tu l'as fait c'est ton alcool et ton travail. ?

  ? Mais c'est ton idée, et c'est toi qui m'a trouvé ces bouteilles et qui m'a permis d'être là ce soir. ?

  Elle rit. ? Alors disons qu'on l'a fait ensemble. ?

  ? D'accord. sur l'a fait ensemble. ?

  On se regarde longtemps.

  Puis elle m'embrassa. Là, devant tout le monde.

  Quelques nobles nous regardaient. Certains souriaient , d'autres fron?aient les sourcils mais moi , je m'en foutais.

  Le bal continue jusqu'à minuit..

  Lise et moi, on resta dans notre coin, à parler et à rire.

  à un moment, un noble ivre essaia de draguer Lise. Il insistait lourdement, main sur son épaule, sourire gras.

  Je me suis approché. ? Elle est avec moi. ?

  Il me regarde. ? Et alors ? ?

  ? Alors dégage. ?

  Il rit. ? Vous osez me parler comme ?a ? Je suis le comte de… ?

  ? Je m'en fous, dégage. ?

  Il me répare. Puis il vit mon regard froid et déterminé avec la colère qui se ressentait dans mon poing serré.

  Il recule. ? Très bien, excusez-moi. ?

  Il partit.

  Lise-moi regardé. ? Mon héros. ?

  ? Arrêtez. ?

  ? Non. C'était mignon. ?

  ? J'essayais pas d'être mignon, j'étais sérieux. ?

  ? Je sais. ? Elle sourit. ? C'est pour ?a que c'était mignon. ?

  à minuit, le bal se termine et les invités partent, nous aussi, on partit.

  Gregor conduisait , Lise et moi étions à l'arrière épuisés et heureux.

  ? Deux cent cinquante couronnes ?, murmura Lise. ? En une soirée. ?

  ? Ouais. ?

  ? Tu réalises ce que ?a veut dire ? ?

  ? Quoi ? ?

  ? Que t'es vraisemblablement riche. ?

  Je ris. ? Je ne suis pas riche mais moins pauvre. ?

  ? Ce sont des détails. ?

  On roule en silence pendant une heure. La nuit était claire, les deux lunes brillaient au-dessus de nous, pleines et majestueuses.

  ? Alaric ?, dit Lise soudain.

  ? Oui ? ?

  ? Je suis fière de toi. ?

  Mon c?ur se serra.

  ? Merci. ?

  ? Non, vraiment. ? Elle me regarda. ? Tu as réussi…. Tu es allé à la rencontre de toutes les probabilités. Tu as sauvé ton domaine , créé quelque chose et… ? Elle hésite. ? Et tu m'as trouvé. ?

  ? Ou c'est toi qui m'as trouvé. ?

  ? Peu importe. ? Elle sourit. ? On s'est trouvé. ?

  ? Ouais. ?

  Elle se pencha et m'embrassa langoureusement. ma main dans ses cheveux ,ses lèvres douces avec un go?t de vin et de quelque chose d'autre, me donné encore plus envie de croquer ses lèvres ..

  ? Quand on rentre, ? murmura-t-elle, ? je ne veux pas dormir dans la chambre d'amis aujourd'hui. ?

  ? Où veux-tu dormir ? ?

  ? Avec toi, dans ton lit.. ?

  Mon c?ur battait la chamade. ? D'accord. ?

  ? Attention je veux juste dormir ?, précise-t-elle. ? Versez l'instant. ?

  ? Pour l'instant. ?

  ? Mais…bient?t, on fera autre chose…. Peut-être… Si tu veux. ?

  Je souris. ? évidemment que je veux. ?

  Elle rougit. ? Bien. ?

  Arrivée au manoir à trois heures du matin. Gregor alla dormir directement il était épuisé.

  Lise et moi, on monte dans ma chambre.

  Elle garde sa chemise de nuit et moi, mon pantalon et ma chemise. Elle s'est allongée contre moi la tête sur mon torse et j'ai mis ma main dans ses cheveux.

  ? C'était une bonne soirée ?, murmura-t-elle.

  ? La meilleure. ?

  ? Merci. ?

  ? De quoi ? ?

  ? D'être toi. ?

  Je souris. ? Merci d'être toi aussi. ?

  Elle leva la tête, me fit un petit bisous, puis elle reposa sa tête et ferma les yeux.

  ? Bonne nuit, Alaric. ?

  ? Bonne nuit, Lise. ?

  Elle s'endormit en cinq minutes..

  Moi, je suis resté éveillé encore trente minutes, perdant mon temps à la regarder. à sentir son poids contre moi, sa chaleur, son odeur de lavande et de jasmin.

  je me sentais… complet avec elle.

  J'ai fermé les yeux, avec un sourire.

  Et je me suis endormi.

  Cette nuit-là, j'ai pensé à écrire dans mon journal mais j'étais trop heureux pour bouger.

  Alors j'y ai juste pensé.

  Jour 111.

  C'était le jour du bal royal. je me suis fait deux cent cinquante couronnes et le roi a aimé mon alcool.

  Mais surtout, aujourd'hui encore, Lise dort contre moi et je suis très amoureux.

  Complètement, irrémédiablement.

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